panthéon décolonial 8/8 : dernier numéro de la série d'été
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Savoir, c'est pouvoir. Tout l'été, Désoriental te propose une série de portraits pour dessiner notre panthéon décolonial. Ce courant de pensée est aujourd’hui médiatisé “en creux” et en négatif, comme un mouvement universitaire copié-collé des Etats-Unis, destructeur et séparatiste. Mais que sait-on vraiment de cette pensée et de sa complexité ? Qui l’a incarnée (notamment dans notre histoire française), pourquoi et comment ? Et en quoi peut-elle nous aider aujourd'hui à relever collectivement le défi du vivre-ensemble français ?

panthéon décolonial 8/8
Suzanne Césaire (1915 - 1966)
En finir avec le "grand camouflage"

Après Anténor Firmin et Simone de BeauvoirRoland BarthesDjamila Bouhired, Alioune DiopGisèle Rabesahala et Nguyen An Ninh ...

Le dernier portrait de la série est doublement important car c’est celui d’une double oubliée : Suzanne Roussi Césaire. Le peu d’hommages qui lui ont été faits dans la presse française sont sur le mode passif, celui de “femme de”. On lit ainsi “la belle chabine” dans La Croix ou encore “l’aimée de Césaire” dans Libération.

Pourtant, son héritage est important, juste minimisé par le même “gaze” / regard dominant qui fait que l’on se souvient de Césaire comme le poète “exotique” du Cahier d’un retour au pays natal, et non comme le poète et homme politique subversif du Discours sur le colonialisme.

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Le petit édito qui va bien
Fin de la série d'été "panthéon décolonial"

Huit épisodes, c’est beaucoup et peu à la fois, il en manque encore beaucoup, les plus célèbres notamment. Cette série était l’occasion de mettre en lumière peut-être celles et ceux dont on entend moins parler, et plutôt des intellectuel.le.s et des artivistes que les leaders politiques des indépendances, que l’on connaît mieux. 

Des penseur.se.s dont les mots résonnent jusqu’aujourd’hui, notamment pour les Français.es qui comme moi naviguent entre plusieurs cultures et sont les héritier.e.s direct.e.s de l'histoire coloniale. Ce qu'il faut retenir de cette série, c'est probablement la diversité des positionnements pour un même objectif, voire l'évolution radicale de certains comme Nguyen An Ninh, car le décolonialisme, ce n’est pas un bloc théorique “woke ou rien” mais bien un chemin, qui s’affine dans le vécu et qui peut prendre plusieurs formes.

S’il y a un temps béni, ce n’est pas celui des colonies, c’est plutôt aujourd’hui : notre pays, dont les "enfants (d'enfants) d'immigrés" ont bien grandi, foisonne de nouvelles réflexions et de nouveaux vécus concernant le racisme. Il est peut-être  enfin mûr pour finir de digérer le temps colonial, grâce aussi à l’inspiration et au courage de dizaines de penseur.se.s décoloniaux.ales qui ont posé les fondations d’un héritage dont nous pouvons tou.te.s être fier.e.s.

Si, a posteriori et symboliquement, tout le peuple français est devenu révolutionnaire, puis dreyfusard, puis résistant —des prises de positions au départ minoritaires en fait, on peut bien inscrire le décolonialisme dans notre grand récit national, non ? 

En tout cas moi j'dis, ça irait super bien avec "liberté, égalité, fraternité".

Soumaya de Désoriental

* * *

PS : Merci pour les superbes retours que j'ai reçus tout au long de la série ! Merci d'avoir fait de cette série d'articles une conversation.

Désoriental revient le 16 septembre, ça te laisse le temps de digérer ta rentrée avant de retrouver des pipites toutes fraîches dans ta boîte mail chaque mercredi ;)

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