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2395 â La situation au Parlement français, avec Pierre â vendredi 19 juillet 2024
Cet Ă©pisode porte le numĂ©ro 2395 pour retrouver lâordre du podcast suite Ă la parution, la semaine derniĂšre du 2391 bis.
Aujourdâhui, nous retrouvons Pierre qui est venu nous expliquer la situation du parlement français, mais aussi nous donner sa vision de ce qui se passe au Royaume-Uni et aux Ătats-Unis. Vous avez Ă©tĂ© trĂšs nombreux Ă Ă©crire Ă Pierre la semaine derniĂšre, et je vous en remercie parce que ça fait Ă©normĂ©ment plaisir, une suite sâimposait donc.
â Bonjour, Pierre, alors on sâest quittĂ© au lendemain des Ă©lections lĂ©gislatives. Tu nous disais que Gabriel Attal allait sans doute donner sa dĂ©mission au PrĂ©sident de la RĂ©publique. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ce qui sâest passĂ© depuis ces Ă©lectionsâ? Et puis quelle est ta vision des choses pour la suiteâ?
â Bonjour Laetitia, bonjour Ă tous. Je suis trĂšs heureux, une nouvelle fois, dâaccepter ton invitation et de venir parler encore de la situation de la France et du Parlement français et de lâAssemblĂ©e nationale. Alors depuis le 7 juillet, il sâest passĂ©, on va dire, pas grand-chose. Donc en fait, câest trĂšs compliquĂ© la situation de la France au Parlement parce quâon nâarrive pas Ă Ă©lire un Premier ministre. Donc, Gabriel Attal, finalement, a remis sa dĂ©mission en dĂ©but de semaine et le prĂ©sident Macron lui confie encore des responsabilitĂ©s. Alors, ça devient un gouvernement, ce quâon appelle un gouvernement technique : ils pourront plus voter de lois. Dâailleurs, Gabriel Attal, siĂšge, a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©putĂ© donc câest une situation qui est un peu cocasse parce quâil est Ă la fois et dĂ©putĂ© et Premier ministre. Donc câest arrivĂ© extrĂȘmement rarement sous la Ve RĂ©publique. Et donc, ce quâon voit, câest que depuis le 7 juillet, le NFP, qui a gagnĂ© sur le papier, qui a 189 dĂ©putĂ©s, aurait dĂ» sâentendre pour nommer un premier ministre. Mais en fait, ils nây arrivent pas, parce quâil y a deux courants qui sâopposent : il y a la France Insoumise qui voudrait nommer une personne, et il y a le Parti socialiste de lâautre cĂŽtĂ© qui voudrait en nommer une autre. Et donc, finalement, ça fait le jeu dâEmmanuel Macron qui arrive finalement Ă sâallier avec une partie de la droite pour crĂ©er une coalition. On lâa vu hier avec lâĂ©lection Ă la prĂ©sidence de lâAssemblĂ©e nationale, on a vu que le NFP sâest entendu pour essayer de faire Ă©lire M. Chassaigne, qui est donc un communiste, qui nâa pas Ă©tĂ© Ă©lu. Câest bien YaĂ«l Braun-Pivet qui a Ă©tĂ© Ă©lue, qui fait partie du parti dâEmmanuel Macron. Ăa a Ă©tĂ© trĂšs serrĂ© parce que ça sâest jouĂ© uniquement Ă quelques voix.
â Merci, Pierre, donc en fait, pour les auditeurs, YaĂ«l Braun-Pivet Ă©tait dĂ©jĂ au perchoir auparavant. Donc, on a lâimpression quâun peu tout se passe exactement comme avant.
â Alors exactement. Elle Ă©tait dĂ©jĂ au perchoir. Câest un poste hautement stratĂ©gique, le poste du prĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale, parce que câest le quatriĂšme poste plus important de la RĂ©publique française. Câest surtout que câest un poste oĂč on nomme ensuite les prĂ©sidents de commissions Ă lâAssemblĂ©e nationale. Il y a huit commissions sur la finance, la sĂ©curité⊠Il y a plein de postes de prĂ©sidents derriĂšre qui en dĂ©coulent. Donc, câest un poste hautement stratĂ©gique. Câest bien quand mĂȘme que ce soit une femme. Par contre, elle a dĂ©jĂ Ă©tĂ©, et donc les gens ont lâimpression que finalement, rien ne change, rien ne bouge. Donc, Macron a dissous lâAssemblĂ©e nationale, il a perdu 80 dĂ©putĂ©s, mais malgrĂ© tout, il arrive Ă faire réélire Yael Brown-Pivet, prĂ©sidente de lâAssemblĂ©e nationale, et on suppose, on verra dans les jours Ă venir, mais on suppose quâil va rĂ©ussir Ă sâentendre avec les RĂ©publicains pour nommer un Premier ministre quâon appellerait Macroncompatible et qui pourrait encore continuer Ă gouverner la France. Mais quoi quâil en soit, quoi quâil arrive, ça va ĂȘtre trĂšs trĂšs difficile de gouverner la France pendant un an.
â Peut-ĂȘtre que tu reviendras nous en parler, dâailleurs. Par contre, je sais que toi tu as beaucoup suivi aussi ce qui se passait au Royaume-Uni oĂč la situation est trĂšs diffĂ©rente. Est-ce que tu pourrais nous expliquer ce qui tâa intĂ©ressĂ© dans ces Ă©lectionsâ?
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Alors oui, au Royaume-Uni, la situation est totalement diffĂ©rente parce que ça fait quatorze ans que les conservateurs Ă©taient au gouvernement. LĂ , il y a lâalternance qui arrive au pouvoir et donc il y a M. Starmer qui est arrivĂ© au pouvoir. M. Starmer qui est un ancien magistrat qui a rĂ©ussi Ă se faire Ă©lire Premier ministre du Royaume-Uni et qui a eu 411 siĂšges sur 650. Donc, câest une vague de travaillistes qui arrivent au pouvoir et il arrive avec 35 rĂ©solutions chocs pour lutter contre lâimmigration clandestine, la rĂ©forme sur leur systĂšme de santĂ©, la nationalisation du rail, sur les finances aussi. La grande particularitĂ©, câest quâil arrive avec des ministres qui sont issus de la sociĂ©tĂ© civile et quâils sont tous, en majoritĂ©, issus de classes pauvres ou trĂšs populaires, donc ça va changer. Et on en parle parce que, du coup, hier, ça faisait un peu contraste hier, il y avait une rencontre, justement, entre le Premier ministre, monsieur Starmer, et Emmanuel Macron. Et donc, câĂ©tait un peu risible sur la photo parce quâEmmanuel Macron Ă©tait tout sourire. On se disait, mais pourquoi est-il tout sourireâ? Ăa devait ĂȘtre plutĂŽt M. Starmer qui a la majoritĂ©. Donc M. Starmer est reconnu comme quelquâun de trĂšs professionnel et trĂšs droit, trĂšs carrĂ©. Je suis sĂ»r quâen Angleterre ça va bouger trĂšs, trĂšs rapidement beaucoup plus quâen France.
â Oui, câest vrai que la situation est trĂšs diffĂ©rente au Royaume-Uni. Alors, quand on a fait ensemble cet Ă©pisode sur le lendemain des Ă©lections lĂ©gislatives, il y a eu beaucoup de rĂ©actions des auditeurs et notamment dâauditeurs qui sont aux Ătats-Unis. Est-ce que tu pourrais nous dire, toi, ce que tu penses un peu de la situation aux Ătats-Unisâ?
â Oui, alors merci Ă tous les auditeurs de Laetitia, ça fait trĂšs plaisir de recevoir tous ces courriers, toutes ces questions. Alors moi, ma vision concernant les Ă©lections aux Ătats-Unis : je suis peut-ĂȘtre pas aussi prĂšs quâun AmĂ©ricain, mais quand jâai vu Trump contre Biden⊠Câest vrai que Trump, nous, en Europe, on nâa pas trop tendance Ă lâapprĂ©cier parce quâon trouve quâil a un discours trĂšs simpliste. Et voilĂ , il y a les gentils et les mĂ©chants dâun cĂŽtĂ©, il y a les mĂ©chants dĂ©mocrates contre les gentils rĂ©publicains. Enfin, câest un peu lâimage quâon a, il nây a pas trop de dĂ©bats de fond. Et alors, en plus avec la tentative dâassassinat, je pense que Hollywood nâaurait pas fait meilleur scĂ©nario, et on parle pas trop des sujets de fond, et nous ça nous intĂ©resse parce que les Ătats-Unis sont quand mĂȘme les leaders du monde occidental. Donc, nous, la France, on est alliĂ©s des Ătats-Unis. Et câest vrai que Trump nous fait peur. Il a parfois des phrases un peu choc et on se dit que voilĂ , pour un prĂ©sident, câest peut-ĂȘtre pas des propos qui se tiennent. Donc voilĂ , on est toujours un peu surpris du scĂ©nario Ă lâamĂ©ricaine et puis des propos parfois outranciers de M. Trump.
â Merci, Pierre, je crois que tout le monde va suivre avec grand intĂ©rĂȘt ce qui se passe Ă la fois en France maintenant et puis aux Ătats-Unis avec les conventions. La convention rĂ©publicaine est passĂ©e, il reste encore la convention dĂ©mocrate. Donc on suit ça avec beaucoup dâintĂ©rĂȘt. JâespĂšre que tu reviendras nous parler politique sur les ondes du podcast bientĂŽt.
Dâailleurs, Pierre vous invite Ă suivre ce qui va se passer dans lâactualitĂ© française avec le vote de confiance, donc lâassemblĂ©e qui va donner sa confiance au futur premier ministre et au futur gouvernement, quand on aura un Premier ministre, et ensuite le vote du budget.
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