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Lettre de Septembre

Bonjour  âœš


Comment allez-vous ?

Ca y est le froid et la pluie sont de retour đŸŒ§đŸŒ©đŸŒ« (ne me dites pas que je suis la seule Ă  m'en rĂ©jouir ? )

Disons que la saison convient enfin Ă  l'Ă©nergie qui nous enveloppe depuis le mois de Mars : celle de l'intĂ©riorisation. Or ni la saison du Printemps, ni celle de l'EtĂ© ne sont celles du repli, mais plutĂŽt de l'expansion de l'Ă©nergie ! Nous avons pu ressentir de la frustration Ă  ĂȘtre tout d'abord enfermĂ©s chez soi, puis freinĂ©s dans nos envies de vacances, de dĂ©couvertes, de vie sociale...  Nous allons enfin vivre une saison en accord avec l'Ă©nergie du moment...

J'ai pour ma part, rĂ©ellement ressentis les chaleurs du mois d'AoĂ»t comme un bus qui me roulait dessus ! Je ne m'y Ă©tais pas prĂ©parĂ©e. Il Ă©tait vraiment temps que l'Automne arrive !

Ce mois-ci je n'ai pas Ă©cris sur le blog ! Beaucoup, beaucoup trop de bouleversements dans ma vie professionnelle et personnelle pour ça ! J'ai bon espoir d'en republier en Octobre vu que je sors enfin la tĂȘte de l'eau⚓ Je vous propose aujourd'hui la lecture d'un conte.


Charles Brulhart (1995)
Les Trois Portes de la Sagesse

Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprùs d’un Vieux Sage.

– Éclaire-moi sur le Chemin de la Vie, demanda le Prince.

– Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, rĂ©pondit le Sage. Cependant je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras trois portes. Lis les prĂ©ceptes inscrits sur chacune d’elles. Un besoin irrĂ©sistible te poussera Ă  les suivre. Ne cherche pas Ă  t’en dĂ©tourner, car tu serais condamnĂ© Ă  revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis t’en dire plus. Tu dois Ă©prouver tout cela dans ton coeur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis cette route, droit devant toi.

Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie. Il se trouva bientît face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire:

“Change le Monde.”

C’était bien lĂ  mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde, d’autres ne me conviennent pas.

Et il entama son premier combat. Son idĂ©al, sa fougue et sa vigueur le poussĂšrent Ă  se confronter au monde, Ă  entreprendre, Ă  conquĂ©rir, Ă  modeler la rĂ©alitĂ© selon son dĂ©sir. Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquĂ©rant, mais pas l’apaisement du coeur. Il rĂ©ussit Ă  changer certaines choses, mais beaucoup d’autres lui rĂ©sistĂšrent.

Bien des années passÚrent. Un jour, il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, Ă  discerner ce qui est en mon pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dĂ©pend de moi et ce qui n’en dĂ©pend pas.

– C’est bien, dit le Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui Ă©chappe Ă  ton emprise. Et il disparut.

Peu aprĂšs, le Prince se trouva face Ă  une seconde porte. On pouvait y lire:

“Change les Autres.”

C’était bien lĂ  mon intention, pensa-t-il . Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume et de frustration.

Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le dĂ©ranger ou lui dĂ©plaire chez ses semblables. Il chercha Ă  inflĂ©chir leur caractĂšre et Ă  extirper leurs dĂ©fauts. Ce fut lĂ  son deuxiĂšme combat. Bien des annĂ©es passĂšrent.

Un jour, alors qu’il mĂ©ditait sur l’inutilitĂ© de ses tentatives de vouloir changer les autres, il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions et de mes dĂ©boires. Ils n’en sont que le rĂ©vĂ©lateur ou l’occasion. C’est en moi que prennent racine toutes ces choses.

– Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils rĂ©veillent en toi, les autres te rĂ©vĂšlent Ă  toi-mĂȘme. Sois reconnaissant envers ceux qui font vibrer en toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naĂźtre en toi souffrance ou frustration, car Ă  travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste Ă  apprendre et le chemin que tu dois encore parcourir.

Et le Vieil Homme disparut. Peu aprĂšs, le Prince arriva devant une porte oĂč figuraient ces mots

”Change-toi toi-mĂȘme.”

Si je suis moi-mĂȘme la cause de mes problĂšmes, c’est bien ce qui me reste Ă  faire, se dit-il. Et il entama son troisiĂšme combat. Il chercha Ă  inflĂ©chir son caractĂšre, Ă  combattre ses imperfections, Ă  supprimer ses dĂ©fauts, Ă  changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout ce qui ne correspondait pas Ă  son idĂ©al.

AprĂšs bien des annĂ©es de ce combat oĂč il connut quelque succĂšs mais aussi des Ă©checs et des rĂ©sistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut amĂ©liorer, d’autres qui nous rĂ©sistent et qu’on n’arrive pas Ă  briser.

– C’est bien, dit le Sage.

– Oui, poursuivit le Prince, mais je commence Ă  ĂȘtre las de me battre contre tout, contre tous, contre moi-mĂȘme. Cela ne finira-t-il jamais ? Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner, de lĂącher prise.

– C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru. Et il disparut.

Regardant en arriùre, le Prince vit dans le lointain la troisiùme porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arriùre une inscription qui disait:

“Accepte-toi toi-mĂȘme.”

Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la premiĂšre fois, dans l’autre sens.
– Quand on combat, on devient aveugle se dit-il.

Il vit aussi, gisant sur le sol, Ă©parpillĂ© autour de lui, tout ce qu’il avait rejetĂ© et combattu en lui: ses dĂ©fauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux dĂ©mons. Il apprit alors Ă  les reconnaĂźtre, Ă  les accepter, Ă  les aimer. Il apprit Ă  s’aimer lui-mĂȘme sans plus se comparer, se juger, se blĂąmer.

Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, que dĂ©tester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner Ă  ne jamais ĂȘtre en accord avec moi-mĂȘme. J’ai appris Ă  m’accepter moi-mĂȘme, totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la premiùre Sagesse. Maintenant tu peux repasser la troisiùme porte.

À peine arrivĂ© de l’autre cĂŽtĂ©, le Prince aperçut au loin la face arriĂšre de la seconde porte et y lut:

“Accepte les Autres.”

Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait cĂŽtoyĂ©es dans sa vie. Celles qu’il avait aimĂ©es et celles qu’il avait dĂ©testĂ©es. Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais Ă  sa grande surprise, il Ă©tait maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs dĂ©fauts, ce qui autrefois l’avait tellement gĂȘnĂ© et contre quoi il s’était battu.

Il rencontra Ă  nouveau le Vieux Sage.

– Qu’as-tu appris sur le chemin ? demanda ce dernier.

– J’ai appris, rĂ©pondit le Prince, qu’en Ă©tant en accord avec moi-mĂȘme, je n’avais plus rien Ă  reprocher aux autres, plus rien Ă  craindre d’eux. J’ai appris Ă  accepter et Ă  aimer les autres totalement, inconditionnellement.

– C’est bien, dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse. Tu peux franchir Ă  nouveau la deuxiĂšme porte. ArrivĂ© de l’autre cĂŽtĂ©, le Prince aperçut la face arriĂšre de la premiĂšre porte et y lut:

“Accepte le Monde.“

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la premiùre fois.

Il regarda autour de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherchĂ© Ă  conquĂ©rir, Ă  transformer, Ă  changer. Il fut frappĂ© par l’éclat et la beautĂ© de toute chose. Par leur Perfection. C’était pourtant le mĂȘme monde qu’autrefois. Était-ce le monde qui avait changĂ© ou son regard ?

Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda:

– Qu’as-tu appris sur le chemin ?

– J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon Ăąme. Que mon Ăąme ne voit pas le monde, elle se voit dans le monde. Quand elle est enjouĂ©e, le monde lui semble gai. Quand elle est accablĂ©e, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai. Il est lĂ , il existe, c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idĂ©e que je m’en faisais. J’ai appris Ă  l’accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement.

– C’est la troisiĂšme Sagesse, dit le Vieil Homme. Te voilĂ  Ă  prĂ©sent en accord avec toi-mĂȘme, avec les autres et avec le Monde.

Un profond sentiment de Paix, de SĂ©rĂ©nitĂ©, de PlĂ©nitude envahit le Prince. Le Silence l’habita.

– Tu es prĂȘt, maintenant, Ă  franchir le Dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du Silence de la PlĂ©nitude Ă  la PlĂ©nitude du Silence.

Et le Vieil Homme disparut.


Vous avez également la possibilité d'écouter l'histoire ou de la lire sous forme de diaporama sur le site de Charles Brulhart. J'ai découvert ce texte merveilleux lors de ma formation de kinésiologie, cela faisait un moment que je songeais à vous le partager, c'est chose faite !

Mes recommandations du mois

Je n'ai pas Ă©cris d'articles, mais j'ai quand mĂȘme quelques dĂ©couvertes Ă  vous partager đŸ˜Œ 


  • Le livre du Lykke. Le tour du monde des gens heureux .par Meik Wiking (2018 aux Ă©ditions First). Ce monsieur est le directeur de l'institut du bonheur de Copenhague (ça ne s'invente pas !) Il nous livre ses dĂ©couvertes et rĂ©flexion en rapport avec le bonheur. On apprend aussi la façon dont les humains se rendent heureux Ă  travers le monde. Une jolie dĂ©couverte ! (Merci Ă  Camille qui me l'a offert !)
  • Les ateliers de l'abondance de Lulumineuse. Autours de 4 ateliers en live, cette femme Ă©veillĂ©e nous invite Ă  l'introspection et au "lĂąchage de grappe" comme elle le dit si bien. Nous sommes Ă  la source de tout ce qui se prĂ©sente dans notre vie, y compris l'abondance. Laissez-vous tenter, sa joie de vivre est contagieuse !

Prenez soin de vous en ce mois d'Octobre. je laisse le mot de la fin à Lulumineuse, car je n'aurai clairement pas dit mieux ✹

CĂ©cile

Merci de m'avoir lu. Comme d'habitude, découvrez la carte de mantra du mois !
Téléchargez-là ici !
CĂ©cile Boissier

Rue Charles l'Eplattenier 4

2206 Les-Geneveys-sur-Coffrane

galteane@gmail.com

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