view_in_browser

Et voilà qu'un virus redessine notre monde humain, notre lien à la maison, au temps, à l'argent, au travail. Productivité et extractivisme semblent des logiques décalées, mises en pause provisoirement. Avons-nous les outils pour comprendre ce qui nous arrive ? Pouvons-nous les créer, les rendre opérationnels ? 

Cette crise nous rappelle que nous devons opérer un changement rapide et nous emparer au plus vite de la dimension politique, systémique et critique de nos pratiques de conception. Cette newsletter se propose de mettre en avant ce qui peut nous aider à comprendre le présent et concrétiser des futurs souhaitables. 

Dans cette première édition, nous vous proposons une curation composée de lectures et points de réflexion qui ont retenu notre attention dernièrement, suivie d'un peu d'actualité concernant les projets du collectif. Bonne lecture !

Food for thought

Jean-Marc Jancovici sur la crise, ses répercussions sur l'énergie, le manque d'outils intellectuels et pratiques dont nous disposons pour y répondre (sur Soundcloud) :

« On va devoir faire des analyses par scénarios : ne plus voir le monde comme une histoire qui va s’écrire d’une seule manière possible, mais voir l’avenir comme une histoire qui peut s'écrire de plusieurs façons différentes et à ce moment, se demander ce qu’on fait dans chacun des cas de figures. Voir sur un rayon beaucoup plus large que "On va aller là et on utilise nos moyens actuels pour y arriver sans dévier de notre route. »

Yuval Noah Harari, sur l'après Coronavirus, la surveillance de masse et le piétinement des droits fondamentaux sur lequel nous devons redoubler de prudence (en lecture libre sur Financial Times) :

« The coronavirus epidemic is thus a major test of citizenship. In the days ahead, each one of us should choose to trust scientific data and healthcare experts over unfounded conspiracy theories and self-serving politicians. »

La "Cure de silence" (Libération), une exploration du recul et des cures de silence imposés aux malades de la tuberculose. (via Nina Ferrer-Gleize)

Aurélien Barrau se plie à l'exercice de donner sa vision de l'actualité (dans une vidéo Facebook), dangereux quand  fait à chaud, mais toujours savoureux quand c'est fait avec intelligence :

« Peut-être qu’elle est là, la véritable leçon : c’est la complexité. [...] J'espère que nous allons interroger cette culture de la gestion, qui cherche à satisfaire à des indicateurs arbitraires que nous avons inventé. [...] Le problème consubstanciel à celui-là, c'est le prisme unique qui est appliqué sur le réel. C'est croire qu'on peut tout déchiffrer du réel avec une grille de lecture simple, quelle qu'elle soit. Et ça, ça ne marche jamais, c'est à la fois une offense au réel et à la cause que vous tentez de servir en réduisant la complexité à cette athrophie. »

Dans un entretien avec La Croix, la question suivante a été posée à la paléoclimatologue Valérie Lafont Delmotte : "L’inertie de nos sociétés peut sembler désespérante. Où trouvez-vous de l’espoir ?" Sa réponse fait mouche :

« Je suis au-delà de l’espoir ou de l’optimisme. J’ai travaillé sur moi pour prendre de la distance et comprendre ce que je peux faire, à ma place et dans le temps que j’ai. On ne peut pas changer le monde seul, ni forcer ceux qui n’ont pas envie d’entendre. Ce qui importe pour moi, c’est d’être lucide et responsable. J’essaie d’aligner mes choix personnels avec cette prise de conscience. Cela évite de se sentir impuissant ou de culpabiliser. »

Une réflexion sur la "low-tech" par Gauthier Roussilhe (attardez-vous également sur la liste de lecture en bas de page) :

« Il semble raisonnable d’affirmer que la binarité du high et du low est improductive. Pourtant la “low-tech” agrège des pratiques et des savoirs techniques pertinents pour décrire un monde en train de se transformer en profondeur. Alors, que faire de ce terme ? Il semble nécessaire de l’utiliser pour ce qu’il est : une porte d’entrée. »

Lectures du réseau :

Marc Levinson, The Box, l'histoire de la "containérisation" qui a bouleversé la face du monde et favorisé la diffusion du virus. (via Diego Landivar)

Les Sentinelles des pandémies, de Frédéric Keck (via Nicolas Nova)

 La Résistance Électronique et autres idées impopulaires du Critical Art Ensemble, et .TAZ. zone autonome temporaire, de Hakim Bey (via Jérémie Fontana)

 Le dernier hors-série de Socialter consacré à l'imaginaire (via Jean-Philippe)

La Stratégie du choc de Naomi Klein, également adapté en documentaire, disponible sur Youtube (VOSTFR) (via Paul)

Un essai intitulé "Monologue du Virus" accompagné de son contrepied critique (via Alexandre Monnin)

Vous souhaitez contribuer à la curation faite par le collectif ? Envoyez-nous vos pensées, écrits, lectures et ressources à newsletter@common-futures.org ou en répondant à cet e-mail. Merci !

Outils
Le Collectif

Les activités du collectif se retrouvent bien évidemment ralenties par l'actualité, même si elles n'avaient pas été extraordinairement fourmillantes en 2019... Marie-Cécile et Thomas ont "tourné" dans quelques conférences françaises avec "Design pour des futurs souhaitables", disponible en vidéo. Au beau milieu de l'exercice se glisse un aperçu des fameuses heuristiques de design anthropocène que vous comme nous n'arrêtons pas d'attendre. (C'est dans les tuyaux, promis.)

Ces principes seront répartis en trois grands piliers, fondations de la pratique d'un design anthropocène. On y trouvera nombre de ressources que nous vous inviterons bien évidemment à enrichir, critiquer, adapter à vos pratiques et vos industries.

Nous sommes encore à la recherche de la meilleure forme et du meilleur support pour vous proposer ce contenu et plus important, vous permettre d'y contribuer librement. En attendant, les fameux piliers feront office d'apéritif :

Enseigner l'Anthropocène

Certain·es d'entre nous sont impliqué·es dans la conception (et dans les cours dispensés dès la rentrée) d'un tout nouveau parcours dont l'intitulé parle de lui même : Master of Science en Stratégie et Design pour l'Anthropocène. Ce seront trois semestres consacrés à la redirection écologique et la création de nouveaux métiers qui n'existent pas encore pour définir les modalités d'atterrissage, de destauration et d'héritage infrastructurel de notre monde organisé, à Strate École de Design (Lyon) et ESC Clermont Business School. C'est Origens Media Lab qui est entre autres à l'origine de cette initiative.
Inscriptions ouvertes jusqu'au 31 juillet 2020, toutes les informations disponibles en ligne.

Calendrier

Il est possible que nous organisions bientôt un Anthropocene Book Club en ligne, pour échanger nos lectures et continuer à rester en lien. Nous vous tiendrons informé·es sur Mastodon et Twitter ainsi que sur la liste de diffusion par email.

En attendant, et d'ici au mois prochain, notre monde aura probablement encore bien changé. Nous vous invitons à être prudentes et prudents, à prendre soin de ce(ux) que vous aimez et à rester alertes.

Faites-nous part de vos impressions et de vos attentes à newsletter@common-futures.org !

Marie-Cécile et Tiphaine pour le collectif
Common Future(s)
Common Future(s)
Association Common Future(s)

19 Cours de Verdun Gensoul, Lyon
France

website twitter

Vous recevez ce mail parce que vous vous êtes inscrit pour recevoir des nouvelles de notre collectif.

Se désabonner
MailerLite