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2391 Bis — Lendemain d’élections — mardi 9 juillet 2024
— Alors en fait, nous ne sommes pas tout à fait le mardi 9, mais le lundi 8. Et nous sommes vraiment le lendemain des élections. Je rajoute ce petit épisode supplémentaire à l’épisode que vous avez écouté hier pour vous parler un peu des élections. Je suis cette semaine à Reims en stage de kung-fu et j’ai à côté de moi Pierre. Bonjour Pierre.
— Bonjour, Laetitia.
— Hier, nous avons appris tous les deux les résultats des élections. À 20 h, nous étions déjà à Reims et j’ai invité Pierre à nous raconter un peu ce qu’il avait ressenti à l’annonce des résultats. Est-ce que tu peux nous dire, Pierre, comment ça s’est passé quand tu as appris les résultats ? Où tu étais ? Où est-ce que tu as regardé ?
— Alors, eh bien déjà , moi, j’étais très soulagé de ces résultats. Et hier, j’ai appris ça avec toi. Donc à 20 h, on a regardé les résultats sur nos téléphones et on a été très content de voir que le Rassemblement national n’a pas du tout eu la majorité à l’Assemblée nationale et donc ne peut pas gouverner. C’est un gros « ouf » de soulagement parce que, je vous rappelle, c’est quand même un parti qui est fasciste et, comme tous fascistes qui se respectent, en fait, ils avancent à chaque fois masqués. Ils font passer leurs idées de manière extrêmement sournoise. Donc, on est très soulagé en fait de ce résultat. Ça montre qu’on est encore… qu’on sait encore réfléchir en France, qu’on est pas binaire en fait et qu’on est pas tombé dans le populisme, qui est un terme qu’on emploie souvent en France quand les partis politiques ont des idées très simplistes et que les gens se disent « Ah oui, c’est une excellente idée, on va l’appliquer. Ils savent nous parler, ils savent dire ce qu’on veut entendre. » Et il y a beaucoup de personnes qui tombent dans ce piège de la facilité. Alors que gouverner, c’est toujours prendre parfois des décisions difficiles à l’encontre de ce que le peuple souhaite, mais dans l’intérêt global et dans l’intérêt général. En fait, le Front national, ou le Rassemblement national est le parfait contre-exemple de toutes ces libertés. Et voilà , c’est important, donc hier on en a parlé à Paul, qui est mon fils, et donc je lui ai expliqué d’où venait le Front national, ou le Rassemblement national, parce que c’est un parti qui a été créé par des anciens du régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale et donc c’est quand même des gens qui ont collaboré avec l’État allemand, qui ont décidé de créer un parti extrémiste. C’est vraiment un parti qui fait peur. C’est un parti qui est raciste. C’est un parti qui est xénophobe. C’est un parti qui souhaite supprimer les droits de l’homme. Je vous rappelle que les droits de l’homme, ça a été fondé en 1789, même le 26 août 1789, c’est important. Et ça va faire bientôt 235 ans qu’il y a eu cette Déclaration des droits de l’homme ou, en France, on est tous égaux, peu importe sa couleur de peau, peu importe sa religion. C’est un pays où on accueille tout le monde, un pays d’ouverture et on sait vivre ensemble. Et puis on veut continuer surtout à garder cette ouverture et ce vivre-ensemble en France. C’est ce qui fait notre richesse et c’est ce qui fait qu’on est connu dans le monde entier, voilà . Notre devise « liberté, égalité, fraternité » a pris tout son sens encore hier et voilà , je pense qu’on peut être tous très satisfaits du résultat.
— Merci Pierre. Dis-moi, est-ce que tu peux nous expliquer quelles vont être les étapes-là  ? Il va y avoir la formation d’un nouveau mouvement ?
— Oui, alors, il va y avoir un gouvernement. Alors effectivement, entre le Nouveau Front populaire et puis le parti d’Emmanuel Macron « Ensemble », donc on va voir comment ils vont gouverner, s’ils vont faire une coalition. Ce qu’on appelle une coalition, c’est un gouvernement avec différents partis politiques qui s’allient pour former un gouvernement, parce que le Nouveau Front populaire, qui est arrivé en tête, a ce qu’on appelle une « majorité relative ». C’est-à -dire qu’ils ont pas la majorité pour pouvoir gouverner, donc ils vont être obligés de s’allier avec un autre, un autre parti politique. Donc, on espère que ça va pas bloquer des réformes ou des lois. Donc, il y a Gabriel Attal, le Premier ministre actuel, qui va rendre sa démission aujourd’hui dans l’attente de la constitution d’un nouveau gouvernement, la nomination d’un Premier ministre. Dans ma famille, on espère que l’écologie arrivera en tête avec Marine Tondelier. Mais après, si c’est Raphaël Glucksmann, qui est l’aile gauche modérée du parti socialiste, ce qu’on appelle chez nous les sociaux-démocrates, ça peut être aussi une bonne solution, ça peut être une solution d’alternance. En France, on aime beaucoup l’alternance. On sait pas toujours se décider, mais en tout cas ça va être en gouvernement plus social que le précédent, donc pour ma part en tout cas, je considère que c’est une bonne nouvelle.
— Oui, je suis d’accord avec toi, je ressens la même chose. Est-ce que tu as vu les chiffres de la participation ?
— Oui, alors, c’est une participation exceptionnelle. Il y a eu une très forte mobilisation. J’ai pas regardé encore qui s’est mobilisé, mais en tout cas c’est une bonne nouvelle parce que ça veut dire que les gens en France savent se mobiliser pour des grandes causes. Et puis, je crois qu’il y a eu quasiment 68 % de mobilisation. Ce qui est un score historiquement élevé, je crois. Le dernier score avec une aussi belle participation date depuis 40 ans donc ça fait plaisir.
— Il y a eu une hausse encore entre le premier et le deuxième, tour ?
— Oui, une hausse, une petite hausse, mais il y a une hausse effectivement entre le premier et le deuxième tour. On a vraiment fait un front républicain, ce qu’on appelle en France un front républicain contre ce Rassemblement national qui porte très mal son nom d’ailleurs, parce que je pense que le Rassemblement national a eu lieu hier contre le Rassemblement national.
— Je suis d’accord avec toi. Et bien écoute, ce sera le mot de la fin de cet épisode. Merci beaucoup.
— Avec plaisir, Laetitia.
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