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2285 — La mondialisation et pourtant — mercredi 11 octobre 2023
Tout a commencé un vendredi soir. Après le cours de kung-fu, on attend la prof et on quitte le stade tous ensemble. Devant le stade, elle s’engouffre dans la voiture de son mari qui vient la chercher. C’est la fin de notre semaine sportive, mais on n’arrive pas à se quitter si facilement. Alors, on parle de tout et de rien. C’est un moment précieux parce qu’on échange sur différents sujets ou on parle juste comme ça et ça fait du bien.
Ce soir-là , on parlait musique de film. Nous n’avons pas vraiment tous les mêmes références. Les Minions ? Oui, j’ai vu le un, mais j’ai détesté ce moment de cinéma, leur bruit, leurs mots incompréhensibles et l’état d’excitation des filles après. Une torture pour la maman fatiguée que j’étais alors. Mais pas eux, ils sortent leur téléphone et chantent ensemble sur le clip d’une chanson qui les fait mourir de rire.
— Tu connais Hans Zimmer ? Me demande Alistair.
— Non, je ne le connais pas.
— Eh bien si, tu le connais forcément.
Et Alistair fredonne un air que, bien sûr, je connais.
— Pirates des Caraïbes !
— Eh bien, c’est Hans Zimmer qui a composé la musique.
Nous sommes en plein dans la culture mondialisée ! J’y pense parce que Micaela a rédigé un petit texte sur la mondialisation à la suite de son entretien en Visio la semaine dernière avec sa correspondante au Texas. Voilà , la mondialisation fait que nous avons tous les mêmes références culturelles, nous portons les mêmes vêtements, les mêmes chaussures de sport, nous mangeons tous de la pizza ou des ramens. Pourtant, Micaela et sa correspondante ont conclu qu’il y a quand même quelque chose de culturel qui reste propre à chacun. Nous n’en faisons pas tous exactement la même chose de cette culture mondiale.
Le lendemain matin, j’ai demandé à Felicia : « tu connais Hans Zimmer ? »
Elle a répondu « non », comme je m’y attendais. Alors, super fière de mon coup, je lui dis « mais c’est de la culture mondialisée » et j’ai fredonné l’air de Pirates des Caraïbes… Parce que Pirates des Caraïbes, on l’entend dix fois par semaine à la viole de gambe, joué par Felicia ou Lisa.
— J’suis désolée Mamagna, mais je ne connais pas cet air.
On a bien ri quand je lui ai dit que c’était Pirates des Caraïbes. Et voilà donc la preuve que nous n’en faisons pas tous la même chose de cette culture mondialisée !
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